Je m’appelle Janyse et je suis aidante naturelle



17 octobre 2019
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Je m’appelle Janyse et je suis aidante naturelle. Je l’ai réalisé quand mon conjoint est entré au CHSLD en décembre 2016. À ce moment, j’ai frappé un mur et j’ai compris qu’il ne pouvait plus rester seul à la maison lorsque j’étais au travail.

Sa santé a commencé à dépérir plusieurs années auparavant, mais j’étais la fidèle conjointe qui s’occupait de son mari qui perdait ses repères. C’était normal pour moi. C’est mon amoureux depuis maintenant 51 ans.

Pendant que la maladie s’installait insidieusement, j’essayais de continuer à avancer, un jour à la fois, avec cette souffrance imprévisible face à laquelle on doit constamment s’adapter. Je n’étais pas bien outillée, mais je voulais soutenir mon conjoint, et je dois bien l’admettre, j’ai été dans le déni pendant un certain temps.

Évidemment, tout cela n’aurait pas été possible si mon employeur n’avait pas accepté mes retards, mes absences lorsque j’attendais la gardienne, les départs rapides du bureau, etc. Je me mettais beaucoup de pression et mes tâches et responsabilités n’ont jamais été négligées.

Aussi, si mes collègues n’avaient pas collaboré, il aurait été difficile pour mon patron de me soutenir. Si certains avaient remis en question l’horaire atypique que ma situation commandait, l’employeur n’aurait pu maintenir la souplesse nécessaire que demande le rôle d’aidant naturel.

Merci donc au conseil des maires de la MRC de Maskinongé et à toute l’équipe de m’avoir permis de continuer de me réaliser professionnellement, malgré la maladie, la tristesse, et la solitude. Merci encore à tout un chacun de votre empathie, de votre compréhension et de votre soutien.

Rester au travail m’a permis de garder un équilibre.

Rester au travail m’a permis de trouver l’énergie pour à affronter les défis à la maison, les soirs, les nuits et les matins…

***

J’invite les employeurs et les travailleurs à réfléchir sur cette approche de soutien aux aidants naturels, même si cela peut être dérangeant.

Il faut du soutien et de la compréhension de la part des collègues, mais en cette époque de rareté de la main-d’œuvre, c’est une bonne façon, je crois, de continuer à bénéficier des compétences et de l’expérience de travailleurs expérimentés, en plus de donner un bon coup de main à notre réseau de santé débordé.

Si « ça prend tout un village pour élever un enfant », et bien « ça prend toute une communauté pour soutenir les aidants ».

Mais avant tout cela, il faut que le proche admette qu’il est devenu un aidant naturel, et cela n’est pas toujours évident.

P.S. Merci aux infirmières et préposés si dévoués : Isabelle, Julie, Manon, Éric, Stéphane et tous les autres. Je vous admire de réussir à prendre soin de nos malades malgré le manque de ressources. Vous êtes d’un soutien inestimable pour nous les aidants que vous côtoyez au CHSLD Avellin-Dalcourt de Louiseville.

Merci à l’Association des aidants naturels du bassin de Maskinongé.

À tout problème, il y a une solution. Il faut juste avoir une ouverture d’esprit, ne pas avoir peur de sortir des sentiers battus et ne pas se borner aux normes et règlements! C’est à suivre…

 

Janyse L. Pichette

À propos de Janyse L. Pichette

Citoyenne de Sainte-Ursule, Janyse L. Pichette est directrice générale de la MRC de Maskinongé depuis 1995.

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1 réponse

  1. Bonjour Madame Pichette. Je suis une nouvelle "blogueuse" sur ce site et j'aimerais avoir votre permission pour vous citer lors d'une prochaine parution, je suis en train d'écrire à propos des aidants naturels, faisant le lien avec la semaine nationale des aidants naturels qui se déroulera la première semaine de novembre. Je vous remercie de votre attention, Andrée

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