Le sport et la pandémie dans notre belle région



9 mars 2021
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Comment se comporte le sport et ses adeptes, dans ce contexte de crise sanitaire mondiale que nous traversons? Quels sont les impacts chez ceux et celles qui pratiquent normalement un sport?

Selon La fondations des canadiens pour l’enfance, « la situation actuelle est très préoccupante, les jeunes ne bougent pas assez. Que ce soit parce qu’ils n’ont pas les compétences requises, parce qu’ils manquent de temps ou parce qu’ils n’ont pas les moyens financiers pour pratiquer des sports, plusieurs enfants délaissent l’activité physique et optent pour un mode de vie sédentaire. »

Or, la pandémie que nous traversons aura un impact considérable sur une situation déjà jugée critique par des observateurs vigilants. Ainsi, présentement :

  • 93% des jeunes Canadiens ne sont pas suffisamment actifs.
  • 1/3 des jeunes abandonne la pratique d’un sport lors du passage à l’adolescence.
  • 32,9% des jeunes âgés entre 10 et 17 ans consacrent en moyenne 5 heures et plus par jour à des jeux vidéo, à jouer ou à naviguer sur le web, à regarder la télévision ou des films.

Imaginez que ces statistiques et par ricochet nos jeunes, vont considérablement être transformés en fonction de la vague de bouleversements que nous vivons qui, sans contredit touche grandement le sport. Les directives de Santé publique sont inévitables et essentielles afin d’éviter la propagation du virus et pour nous protéger, tous autant que nous sommes. Nous comprenons que si on veut s’en sortir, il faut faire ce qu’il faut. Mais quelles seront les conséquences chez nos jeunes, ou encore, sur notre santé mentale et physique à nous, les adultes qui avons besoin de bouger? Difficile à chiffrer!

Interrogé sur la situation, M. Steve Turcotte, directeur des sports du journal Le Nouvelliste a généreusement répondu à quelques questions que nous lui avons posées :

1) Comment la pandémie qui sévit touche-t-elle la pratique du sport chez les jeunes, garçons ou filles?

Dans notre MRC, nous comptons un peu plus de 3 000 jeunes entre 10 et 19 ans.[1]

Steve Turcotte : « Certains sports sont complètement stoppés, d'autres doivent se limiter à des entraînements uniquement. Tout le monde est touché, d'une façon ou d'une autre. »

Même dans les écoles, les professeurs ayant à gérer les activités sportives en fonction de l’espace, de la grandeur des gymnases, etc., se voient obligés de restreindre le temps de pratique des sports pour permettre l’accès à tous, à tour de rôle.

Témoignage (source : Centdegres.ca) : « Ce qui est le plus difficile est le sentiment d’injustice qui fait rage. Les jeunes se sentent oubliés et sacrifiés au nom des adultes. … Ils voient des activités libres être autorisées avec des conditions sanitaires moindres que ce que les fédérations organisées proposaient, ce qui les laisse dans la plus totale incompréhension. »

2) Quel(s) sport(s) est(sont) le(s) plus touché(s) par les restrictions imposées par Santé publique?

Steve Turcotte : «­ Forcément, les sports collectifs sont les plus touchés. Encore plus s'ils se déroulent à l'intérieur. Le hockey, notre sport national, est dans ce groupe. Cela fait beaucoup de sportifs tristes en ce moment. »

Dans nos petits villages, je pense à Sainte-Ursule, j’ai observé que les jeunes s’étaient créés des buts (goals) avec les pelles et autres objets afin de pouvoir « lancer et compter ». C’est donc dire que la directive de Santé publique d’enlever les équipements, comme les buts, n’a pas produit l’effet escompté, soit de réduire les rassemblements, … Il ne faut surtout pas sous-estimer l’esprit créatif de nos jeunes!

3) Avez-vous observé dans votre milieu, des initiatives positives qui ont été mises en place pour contrer les mesures imposées?

Steve Turcotte : « La magie d'Internet permet de réaliser des entraînements de groupe, chacun chez soi. C'est cool! Adultes comme enfants utilisent cette méthode pour continuer de bouger. »

Mon petit-fils m’a témoigné que c’était difficile pour lui de trouver la motivation pour s’entrainer « en ligne »! Maintenant, est-ce que cela est dû au fait que normalement en ligne, les jeunes jouent à des jeux vidéo?

4) Dans votre environnement, avez-vous été témoin de jeunes qui ont vu leur vie totalement désorganisée par la non-pratique de leur sport?

Steve Turcotte : « Oui, il y en a. Surtout chez l'élite, ceux qui pratiquaient leur sport plusieurs fois par semaine. Ces athlètes ont une routine normalement. Sans cette routine, l'équilibre est rompu. Certains, plus fragiles, ont bien du mal à composer avec la situation. »

Des témoignages sur les lignes ouvertes à la radio, comme à 98,5 FM, font foi de nombreux parents, découragés par les difficultés qu’ils rencontrent à garder leurs jeunes motivés. Et, tous les parents n’ont pas la même disponibilité.

5) Comment la pandémie qui sévit touche-t-elle la pratique du sport des chez les adultes?

Steve Turcotte : «­ Certains sports sont stoppés, même pour les adultes. D'autres ont des contraintes importantes. Il y a encore moyen de bouger, de changer sa discipline de prédilection pour une autre plus personnelle, genre la course à pied, le yoga, la marche, mais ce n'est pas tout le monde qui a la motivation nécessaire pour faire ce changement. Dommage, car bouger apporte tellement de bienfaits... »

6) Est-ce plus facile pour les adultes de se mobiliser que pour les jeunes?

Notre MRC est composée d’un peu plus de 21 200 adultes entre 20 et 64 ans.[1]

Steve Turcotte : « Je pense que non. Les adultes sont souvent pris avec un horaire contraignant. Ils ont moins d'enthousiasme aussi, en général. »

Témoignage (source : Centdegres.ca) : « Les enfants n’ont pas de voix "organisées" et comme tous les gens et tous les secteurs tirent la couverture de leur bord, ce sont les lobbys économiques les plus puissants qui bénéficient d’allègement. »

Par contre, l’adulte est souvent réfractaire au changement. Dès qu’il déroge de ses habitudes, de sa routine, il se produit un effet de démotivation qui, malgré que sa tête sait ce qui est bon pour lui, son corps ne veut pas suivre.

Cependant, il y en a aussi qui ont su profiter de ce nouvel état de fait pour découvrir ou se remettre à des activités pratiquées jadis et oubliées, telles la raquette, le ski de fond, le patin, etc. Ne lâchons pas, grand bien nous fasse!

Raquette

7) Comment la situation impacte-t-elle votre travail, votre équipe?

Steve Turcotte : « D’une part, il y a beaucoup moins de sports à couvrir, alors ça devient difficile de trouver jour après jour de bonnes histoires à raconter. Deuxièmement, le contact humain est très important en journalisme. Présentement, tout se fait par téléphone ou par Zoom, c'est loin d'être idéal. »

C’est sûrement seulement après que les choses seront revenues « à la normale », si cela est possible, que nous serons réellement en mesure de jauger les conséquences réelles des interruptions voire des modifications des façons de faire qui auront eu une influence sur la motivation du sportif, jeune ou plus mature.

Je veux remercier M. Steve Turcotte, du journal Le Nouvelliste, pour avoir pris le temps de nous donner le pouls de notre région en regard du sport et des impacts dus à la pandémie.

Au moment d’écrire ces lignes, nous étions encore en zone rouge. Nous sommes passés en zone orange, mais la vigilance est toujours de mise afin d’y rester et au mieux, bientôt, de verdir… comme le printemps! Accédons à ce qui est accessible! Voici, en hyperlien, des suggestions adaptées à toutes les bourses disponibles dans notre belle région de la Mauricie. Il s’agit de se mobiliser et d’y aller! Bougez!! Surtout, n’oublions pas les consignes et soyons vigilants, en tout temps. Voyons maintenant, les effets de la semaine de relâche! Soyons optimistes!

Sportivement vôtre,

Andrée Lambert

Photo de la fin : Deux mètres?! Cela dépend de la bulle?!

Sentier


  1. Statistique Canada; recensement 2016

À propos de Andrée Lambert

Fière Ambassadrice Maski, je suis installée à Sainte-Ursule depuis quelques années! Je découvre encore une région que j'adore et qui m'inspire. Mes passions : le plein air, la photographie et l'écriture. Alors, entourée des beautés de la MRC de Maskinongé, en contemplative que je suis, je suis bien servie. J'ai œuvré en employabilité presque toute ma carrière et, pour continuer à être en contact avec les gens, je me suis jointe à l'équipe dynamique du Bureau d’information touristique de la MRC de Maskinongé. Aussi, le bénévolat m'a amené à devenir accompagnatrice auprès des personnes en perte d'autonomie afin de donner un répit au proche aidant. Une retraite riche et bien remplie!

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