La trotteuse enracinée



24 janvier 2017
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On commence par décortiquer ce titre contradictoire : une antithèse pour présenter une personne, ça peut être assez déboussolant. Une trotteuse, comme l’aiguille d’une montre, ça bouge toujours. Et une racine, ça évoque plutôt l’idée de stabilité, de permanence. Remettons les pendules à l’heure avant de perdre le nord et commençons par la base, par les racines.

Enracinée, j’aime dire que j’habite le territoire de Louiseville depuis 1665, avant même que la ville ne porte son nom de princesse, depuis que les premiers arrivants sont débarqués à l’embouchure de la rivière du Loup. En réalité, je ne suis pas si vieille que ça, mais un de mes ancêtres du côté paternel était Jean-Jacquet de Gerlaise, premier d’une longue lignée de Desjarlais qui demeurera à Louiseville jusqu’à aujourd’hui. Mon arrière-grand-mère, si on résume, est Marie-Ange Desjarlais du rang Beauséjour, laquelle a épousé Hector Lambert. J’habite toujours ce rang mythique pour ma famille dans une maison centenaire ayant appartenu à un grand-oncle St-Yves (l’autre bord de la branche dans l’arbre généalogique!). Or, mon attachement à la terre maskinongeoise est aussi fort que ces racines profondes ancrées dans le sol fertile cultivé par plusieurs générations d’agriculteurs et de producteurs laitiers.

L’héritage du rang Beauséjour vit dans le cœur de ceux qui l’habitent et le visitent par les traditions instaurées par ses résidents qui se perpétuent encore aujourd’hui. Je pense, entre autres, à mon grand-père Maurice, raconteur hors pair, qui a transmis à ses descendants l’amour des histoires, le sens de la fête et le devoir de l’engagement social. Cet intérêt pour les récits s’est concrétisé pour moi par une formation en études littéraires. Armée d’une maîtrise en lettres, j’ai navigué dans le monde professionnel jusqu’à toucher terre à la MRC de Maskinongé comme agente de développement culturel et touristique où je travaille au rayonnement et à la démocratisation de la culture d’ici.

Jennifer St-Yves Lambert et son mari Michaël lors des fêtes du 350e de Louiseville

Avec mon mari Michaël lors des fêtes du 350e de Louiseville.

Trotteuse, je le suis dans ma tête et dans mes pieds. J’adore découvrir et ouvrir mon esprit à d’autres façons de vivre et de penser. Les livres et les arts me passionnent par les histoires qu’ils racontent à propos des humains qui me touchent, me bouleversent, me font rire, me choquent ou me ressemblent. Trotteuse à talons hauts (je raffole des chaussures!) ou en auto électrique (je suis propriétaire d’un de ces véhicules écologiques), je cours les événements culturels et je ratte rarement une occasion de visiter un artisan, d’assister à un souper mondain ou d’aller voir un film. On me dit épicurienne, je pense en effet que je le suis, car j’aime la beauté de la vie et les plaisirs qu’elle nous offre. Je cherche surtout à partager mes découvertes en convaincant les autres de comment c’est beau chez nous.

Maurice Lambert

Mon grand-papa Maurice Lambert.

Je suis une trotteuse-enracinée-épicurienne-écolo-maskinongeoise (ou une TEEEM – une fille d’équipe, même si c’est mal orthographié) et je m’assume complètement dans mes contradictions!

Jennifer St-Yves-Lambert

À propos de Jennifer St-Yves-Lambert

Jennifer St-Yves-Lambert travaille à la MRC de Maskinongé en tant qu’agente de développement culturel et touristique. Elle participe à la réalisation d’initiatives culturelles dont la MRC de Maskinongé est collaboratrice ou promotrice, pour le développement du milieu. Détentrice d’un baccalauréat en études françaises et d’une maîtrise en lettres, elle est une amoureuse de la culture québécoise et de son territoire natal. Sa mission : contribuer au rayonnement des artistes et artisans de Maskinongé qui façonnent, par leur créativité inspirante, notre culture unique.

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