Moi, mes souliers…



26 avril 2017
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J’ai envie de sortir de ma zone de confort pour la présente chronique et de parler d’un sujet tabou, d’une habitude gênante, d’une manie excessive que j’ai : la consommation abusive… de chaussures! Je ne suis certainement pas la seule qui, dans une société de consommation où les tentations d’acheter sont si nombreuses et diversifiées, ai ce genre de plaisir coupable. Car elle est bien critiquable cette passion incontrôlable que j’ai pour l’achat de souliers en série. J’ai d’ailleurs plusieurs arguments contre mon comportement. Surconsommation, gaspillage d’économies et de ressources figurent au titre des plus catastrophiques. On me demande souvent pourquoi j’ai autant de paires de chaussures, même si j’ai conscience que ces achats à outrance vont à l’encontre de mes idéaux. En fait, je ne saurais l’expliquer rationnellement. Il s’agit d’un amour inconditionnel que j’ai envers cet objet de mode, de féminité et d’originalité. Maladif, n’est-ce pas? Assurément! La preuve, c’est que lorsque j’ai aligné tous mes petits trésors précieux sur les tablettes de mon nouveau walk-in, j’ai eu un sentiment de manque. J’avais l’impression très inconfortable qu’il n’y avait pas assez de couleurs ni de modèles. Il est vrai que j’avais retiré quelques paires de ma collection qui étaient un peu démodées, défraîchies ou trop inconfortables. Mais quand même : il n’y en avait plus autant qu’avant! J’en ai donc commandé deux nouveaux modèles sur-le-champ!

Eh oui, c’est ma bibitte à moi : le bonheur de mettre le pied dans un nouvel escarpin. Un syndrome de Cendrillon qui a perdu sa pantoufle de verre? Peut-être. Chose certaine, j’ai l’impression que c’est l’esprit de collectionneuse qui m’anime dans cet intérêt un peu trop intense. Il fut une époque où l’on accumulait les timbres, les poupées, les petites-gommes-à-effacer-en-forme-d’animaux-et-qui-sentent-bon. L’idée est la même aujourd’hui : en vouloir toujours plus. Mais notre désir se porte plutôt vers des objets de consommation. Certains cultivent une passion pour les pots de crème miracles et les cosmétiques, d’autres pour les consoles et jeux vidéo, pour les bijoux, pour le matériel de pêche, pour les machines à moteur, pour les sacs à main, pour les antiquités, pour les articles de cuisine et j’en passe!

J’ai longtemps hésité avant de me confier sur ce blogue concernant mon addiction, car probablement qu’il y en a parmi les lecteurs qui me jugeront. Mais j’ai décidé de vous révéler ce côté obscur de ma personnalité pour éventuellement aider d’autres personnes à « sortir de la garde-robe » (ou du walk-in, c’est selon) et à avouer leur problème d’achat compulsif! Je sais que je ne suis pas seule, et que la surconsommation est l’un des plus grands enjeux de notre société. C’est même le sujet d’un livre des plus populaires ces temps-ci : En as-tu vraiment besoin? de Pierre-Yves McSween. En fait, on devrait sûrement se poser cette question plus souvent, car il est vrai qu’on retire un malin plaisir à se gâter et à s’acheter un objet de luxe, un appareil technologique dernier cri, un bidule à l’utilité questionnable ou une chose dont on n’a pas du tout besoin. On se dit qu’on travaille fort et qu’on le mérite bien! Et l’on n’a pas tout à fait tort. Pourtant, si on dirigeait cette dépense vers des objets qui durent longtemps, qui sont utiles, qui représentent absolument ce que l’on souhaite dégager comme être humain, notre portefeuille et la planète ainsi que ses ressources limitées ne s’en porteraient que mieux. Par exemple, en achetant des produits locaux, des œuvres d’arts, des objets confectionnés par les artisans et artistes d’ici, on serait nécessairement beaucoup plus sur la bonne voie. Je vais donc tenter d’améliorer mon comportement et de choisir mes achats en fonction de mes besoins.

Moi mes souliers...

Moi mes souliers...

Moi mes souliers...

Ce ne sera pas facile, et les tentations seront encore très grandes : escarpins roses, espadrilles à pois, chaussures de dentelle, ballerines en denim, gougounes extravagantes, bottes à talons hauts, sandales de cuir blanc, souliers argent étincelant, baskets de marque, bottillons fleuris…

Finalement, lorsque je déciderai d’acheter, j’encouragerai des commerces de notre territoire où il y a un beau choix pour les amoureux de cet accessoire de mode tellement joli. Ce sera déjà un pas – et un pas bien chaussé – de fait!

Boutiques où trouver des chaussures dans la MRC :

On peut aussi trouver des aubaines dans les magasins à rayons :

Jennifer St-Yves-Lambert

À propos de Jennifer St-Yves-Lambert

Jennifer St-Yves-Lambert travaille à la MRC de Maskinongé en tant qu’agente de développement culturel et touristique. Elle participe à la réalisation d’initiatives culturelles dont la MRC de Maskinongé est collaboratrice ou promotrice, pour le développement du milieu. Détentrice d’un baccalauréat en études françaises et d’une maîtrise en lettres, elle est une amoureuse de la culture québécoise et de son territoire natal. Sa mission : contribuer au rayonnement des artistes et artisans de Maskinongé qui façonnent, par leur créativité inspirante, notre culture unique.

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