Mon parcours d’aidante naturelle



19 janvier 2017
Écrit par :

Dans un premier temps, on fait du « déni ». Tout le monde autour de toi remarque du changement, mais se garde bien de ne pas t’en parler. De toute façon, on répondrait que ça va très bien.

Et puis un bon jour on commence à remarquer des petites choses, les petites choses s’amplifient et du coup… un lieu… un moment… on frappe le mur.

Le mien, je l’ai frappé lorsque, pour mon travail, on était à l’hôtel, et là, il a commencé à dire « je veux m’en aller ». Il venait de changer d’environnement.

De retour à la maison, le comportement change. Quelques mois se passent avec toutes sortes de péripéties, mais aux vacances de Noël, lorsque tout bonnement il me demande : « Janyse revient de travailler à quelle heure? » VLAN!

Je réalise l’avancement de la maladie, que je m’étais bien gardée de regarder en face.

Le 23 décembre 2015, je communique avec Les Aidants naturels du Bassin de Maskinongé. Marie-Josée Perron est au bout du fil et je lui dis : « J’ai besoin d’aide, je viens de réaliser ce qui s’en vient. » Ni un, ni deux, Marie-Josée me dit : « Effectivement, j’avais remarqué. »

Les Aidants naturels du Bassin de Maskinongé

Elle me met en communication avec Christine Charest de Carpe Diem, qui m’a rappelée durant le congé de Noël, pour me confirmer qu’elle n’était pas plus loin que le bout du téléphone ou d’un courriel. J’avais un point d’appui… soulagement!

Je communique aussi avec Kim, la travailleuse sociale de l’UCDG à Louiseville que j’avais connue au moment où ma mère avait été admise à l’hôpital, pour être deux mois aux soins palliatifs. Maintenant, depuis ce temps, maman est au CHSLD Avellin-Dalcourt et y est très heureuse. Kim est en vacances, mais le jour de son retour, elle communique avec moi, écoute ma détresse et me dit « Laisse-moi cela, je m’en occupe. » Le lendemain, j’ai une travailleuse sociale qui a mon dossier pour du soutien à domicile, et là, j’ai un autre point d’encrage pour me soutenir.

Comme je suis encore au travail, au retour des vacances des fêtes, je dois me rendre à l’évidence : mon conjoint ne peut plus rester seul!

Je communique avec « Les Aidants naturels du Bassin de Maskinongé » et je demande à Marie-Josée d’avoir une personne qui pourrait rester avec mon conjoint quand je suis au travail. L’organisme me trouve une personne qui accepte de faire du temps plein, soit de 9 h à 17 h, le temps que je suis au travail. On est en janvier 2016.

En mai, elle se blesse et est en arrêt de travail. Je dois trouver une solution rapidement.  Je contacte une amie, qui m’avait dit « je ne suis pas plus loin que le téléphone. » Euréka! Elle connaît une personne qui peut prendre le relais. Elle me met immédiatement en contact et le lendemain matin j’ai une nouvelle gardienne. Une perle est entrée dans nos vies. Alors, mon amie se charge de faire les démarches avec Les Aidants naturels pour l’inscrire à l’organisme pour faire la continuation du dossier. Donc, j’ai pu garder mon conjoint à la maison jusqu’à l’automne 2016, avec l’aide de la travailleuse sociale, ma perle de gardienne et Les Aidants naturels.

Le CIUSSSMCQ a des ressources et des budgets pour du répit. Il faut les utiliser, si on veut continuer, il ne faut pas avoir peur de DEMANDER DE L’AIDE. Rester isolé n’est pas la solution. Il faut s’entourer, se créer un bon filet.

Moi, le fait de rester au travail m’a permis de garder mon équilibre, mais c’est avec de l’aide que j’ai pu y arriver. Il y a des programmes que l’on ne connaît pas, mais que l’on découvre quand on s’entoure. Le répit, ça existe, pour quelques heures, quelques jours ou suivant le besoin.

Aujourd’hui, mon conjoint est au CHSLD. Il a seulement 71 ans. Maintenant, je dois apprivoiser cette situation. C’est un jour à la fois que l’on peut réussir à faire cela.

Voilà… Demain on verra!

Mais, on ne se considère pas comme des « Aidants ». C’est mon conjoint, c’est ma mère…


Le mois de janvier est le mois de sensibilisation à la maladie d’Alzheimer.

Janyse L. Pichette

À propos de Janyse L. Pichette

Citoyenne de Sainte-Ursule, Janyse L. Pichette est directrice générale de la MRC de Maskinongé depuis 1995.

Tous les articles

9 réponses

  1. Merci à vous tous pour ces beaux messages, c'est une délicate attention et c'est bien apprécié et c'est un des éléments qui nous aide à avancer un jour à la fois. Si mon implication a permis d'aider une seule personne, l'objectif est atteint. Il faut continuer autrement, mais toujours conserver une belle relation malgré les moments où l'on voit sourire son conjoint ou les yeux s'illuminer à notre arrivée, c'est un moment à CONSERVER et une joie à savourer. Encore une fois merci, même si j'ai du retard dans l'émission de ce message.
  2. Bravo Mme Pichette. Merci pour votre témoignage, qui aidera et encouragera, c'est certain, plusieurs personnes. Vous êtes un exemple. Tout est possible quand nous mettons la main à la pâte. Il s'agit d'y ajouter de bons ingrédients. Bonne continuité.
  3. Je vous lève mon chapeau... Vous êtes très courageuse et vous êtes un exemple à suivre... Bravo...
  4. Ma chère Janyse, je te souhaite bonne chance et n'oublie pas de prendre soin de toi.
  5. Bravo Janyse pour ton témoignage, je suis certaine que tu vas en aider plusieurs. Tu es un exemple pour nous tous! Bon courage! ☺
  6. Madame Janyse, vous êtes une femme exemplaire. Vous avez appris à vivre avec la maladie et non la fuir comme beaucoup de personnes. Cette maladie vient bousculer une vie, mais vous êtes restée forte pour une personne que vous aimez. Tout simplement bravo pour la femme que vous êtes.
  7. Bravo pour votre courage et votre amour! Je connais cette maladie qui vole au-dessus de nos têtes! Chez ma famille, ils sont plus de la moitié à être ou avoir eu cette maladie en très bas âge! Nous avons besoin de gens pour nous supporter et aider les gens qu'on aime! Je souhaite de tout coeur qu'on puisse trouver un remède contre cette maladie!
  8. Bravo Janyse, ce n'est pas toujours évident, car les sentiments envers les nôtres sont là. Je te comprends, vivant en étant aidante depuis le début de ma retraite, pour mes parents dont un qui est handicapé. On a souvent tendance à nous oublier et oui, il y a de merveilleuses ressources "par chez nous".
  9. Ma mère et moi pensons à toi très très souvent. Je t'aime beaucoup! Jeannis xx

Ajouter un commentaire