Portrait de femme…



8 mars 2017
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En ce 8 mars*, il me semblait naturel de faire un portrait de femme, sans pinceau ni fusain, juste l’esquisse d’une grande dame.

Et comme je me suis engagée à parler de passion sur ce blogue, alors me voilà partie à la recherche d’une femme passionnée. Quel beau défi! Non parce que c’est une denrée rare, mais parce qu’au contraire, au gré de mes rencontres humaines sur le territoire, des femmes passionnées, j’en ai rencontré une pelleté. J’aurais pu parler de Janyse, Pascale, Nadia, Julie, Barbara, Suzie, Marie-Pier, Sarah, Karine et toutes les autres.

Mais j’avais le goût de faire le portrait d’une femme qu’on connait peu. D’une de ces femmes, remplie de talents, de passion, de don de soi, qui s’implique à coups de frissons et qui arrive à mettre tant de lumière dans ses œuvres, mais qui, pourtant, travaille dans l’ombre. Elle étend ses racines une à une, doucement, sans faire de bruit, comme le bois qui prend forme sous ses mains pour en extraire le grain et en définir l’âme.

Une de ces femmes qui fut un coup de cœur pour moi dès la première rencontre. Coup de cœur artistique, coup de cœur humain… Une espèce de jumelle cosmique que je croise fréquemment au Carrefour de l’arpège.

On s’est d’ailleurs promis, même si je déteste les promesses, d’un jour réaliser un projet artistique ensemble, entre l’écrit et le visuel, créer un pont, le déconstruire, l’imaginer… Bref, je m’égare. Revenons à cette femme qui porte le même prénom que ma mère…

Oeuvre de Christiane Gallo

Arrivée dans la MRC de Maskinongé en 1991, petit baluchon sur le dos, elle et son vieux complice de toujours sont tombés en amour avec une petite maison de Saint-Paulin. Un peu de réno, beaucoup de tendresse et la voici Saint-Paulinoise.

Afin de maintenir un équilibre, comme elle le dit si bien, au-delà de son art, Christiane a un besoin chronique de s’impliquer. Cette fibre d’entraide, de justice sociale, de désir d’équité est née d’un passage de quelques années à enseigner le français dans une réserve autochtone. La semaine à Wemotaci, la fin de semaine à Saint-Paulin. Autant ces petits moments de bonheur de savoir transmettre une certaine connaissance ont pu la ravir, autant le choc des inégalités l’a frappée en plein front. Ce fut le début de l’implication sociale de notre belle Christiane.

Et comme son équilibre se situe quelque part entre l’art et la cause, en quête continuelle d’un sens à tout ce qu’elle entreprend, la petite salle de lavage de son hébergement de fortune à cette période de vie communautaire sur la Réserve, est très rapidement devenue son atelier.

Elle chérissait déjà beaucoup son petit coin de Saint-Paulin à cette époque plus... opaque... et voulait y être à temps plein. La revoilà donc en quête de donner un sens à sa vie sociale que son art ne saurait combler.

Devenue formatrice à la Clé en éducation populaire de la MRC de Maskinongé, elle en prit rapidement les rênes...

Puis... Entre sculpture et peinture...

La voici agente à la Corporation de développement communautaire de la MRC de Maskinongé, puis? Et bien elle en prit rapidement les rênes.

Christiane Gallo

Elle s’est aussi impliquée à mettre de l’avant un groupe de défense des droits, fut administratrice du Centre des femmes l’Héritage de Louiseville et encore aujourd’hui, elle est médiatrice bénévole auprès de l’organisme Ressources alternatives.

Elle est au cœur des gens et croyez-moi, quand on sait l’apprivoiser la belle Kiki (comme l’appelle affectueusement son compagnon), et bien elle entre dans notre cœur pour ne plus en sortir. Avec plus de Christiane, le monde se porterait mieux.

Après quelques 25 ans de vie active (dans le sens de vie active rémunérée), elle retourne à ses premières amours pour se remettre à l’art à plein temps.

Depuis cinq ans, elle ose, elle expose, elle s’expose, elle explose, au grand bonheur de tous. Amis, courez voir la prochaine expo de Christiane Gallo, je vous garantis frissons et chocolat. Frissons parce que simplement être en face de son œuvre redonne un sens parfois perdu à cette vie qui va si vite…

Comme si plongée dans son regard, l’émerveillement d’une nature grandiose prenait la forme d’un arrêt dans le temps, un arrêt dans le temps, un arrêt...

Et chocolat parce que c’est bon, c’est fin, c’est doux. Ça fond dans le cœur.

Ce petit bout de femme à la chevelure de blé se fait apprivoiser comme le petit prince sur sa planète. Ne la brusquez pas. Goûtez ses œuvres, une à la fois et vous verrez que l’essentiel deviendra bien vite; visible pour les yeux.

Surveillez la prochaine exposition de Christiane Gallo avec l’Association d’artistes en arts visuels : www.oeiltactile.ca

Oeuvre de Christiane Gallo


*Officialisée par les Nations Unies en 1977, la Journée Internationale des Femmes trouve son origine dans les luttes des ouvrières et suffragettes du début du XXe siècle, pour de meilleures conditions de travail et le droit de vote.

Marjolaine Cloutier

À propos de Marjolaine Cloutier

Diplômée en création littéraire et multimédia, Marjolaine Cloutier a un riche éventail d’expériences tant au niveau communautaire que privé et s’investit à 200 % dans tout ce qu’elle entreprend. Elle est mordue et spécialiste des médias sociaux et travaille à la MRC de Maskinongé comme agente de communication. Elle se distingue par sa créativité, sa plume et sa polyvalence.

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1 réponse

  1. Contente de cette rencontre racontée, la Mystérieuse Kiki et au plaisir de vous croiser un jour et avoir l'opportunité de découvrir ton art qui semble tout en respect avec la nature . Odette

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